Des portraits en fil de fer aux mobiles suspendus, Calder a profondément transformé la sculpture moderne.
Né en 1898 en Pennsylvanie et mort en 1976 à New York, Calder appartient à une famille d’artistes par ses parents et grands-parents. Il obtient un diplôme d’ingénieur mécanique en 1919 mais abandonne très vite cette voie pour se consacrer à l’art. Cependant, cette formation technique lui permettra de créer des sculptures qu’aucun autre artiste n’a créées avant lui.
C’est à Paris où il s’installe en 1926, qu’il invente un tout nouveau langage plastique entre volume, mise en scène, abstraction, performance et mécanique avec le cirque de Calder. Ce cirque miniature n’est pas seulement une sculpture, c’est une œuvre transportable que l’artiste joue devant le public à Paris, Berlin et New-York. Dès cette période parisienne, tout est déjà là : l’économie de moyens, le goût du jeu, l’équilibre et le mouvement.
Pourquoi son œuvre nous parle encore autant aujourd’hui ?
A une époque où la modernité se traduit souvent par une abstraction froide, Calder met joyeusement en mouvement ses œuvres. Sa sculpture n’illustre pas la vie, elle est la vie et c’est sans doute pour cela que son œuvre reste immédiatement accessible à tous.
Les mobiles
Ce sont ses sculptures sensibles à l’air qui ont rendu Calder mondialement célèbre. À partir du début des années 1930, il développe des sculptures abstraites en mouvement. Sa visite de l’atelier parisien de Mondrian en 1930 agit comme un tournant pour Calder. Il peint alors des tableaux abstraits minimalistes puis il met au point des œuvres cinétiques, des “engins articulés” que Marcel Duchamp, en artiste-penseur de l’art, propose d’appeler “mobiles”.
Une fois encore, la formation d’ingénieur mécanique de Calder lui permet de mettre au point des œuvres qui reposent sur une science très fine des poids, des forces et des contrepoids. Le moindre courant d’air les fait bouger.
Les stabiles et les sculptures monumentales
Mais Calder ne se limite pas à la suspension légère. À côté des mobiles, il développe aussi des constructions fixes, les stabiles, puis de grandes sculptures abstraites en acier peint qui occupent l’espace public extérieur.
C’est là une autre des raisons majeures de sa reconnaissance : Calder occupe tout le spectre de la sculpture, en partant des œuvres en fil de fer qui pèsent quelques grammes à des œuvres monumentales de plusieurs tonnes. Les premières sont des œuvres d’atelier alors que les dernières sont des œuvres d’extérieur et toutes sont traversées par l’élégance, le mouvement et la joie.
1940-1970, consécration et postérité pour Calder
En 1937 à Paris, l’architecte Josep Lluís Sert et le peintre Joan Miró font appel à lui pour la décoration du pavillon espagnol pour l’Exposition internationale : il expose aux côtés de Guernica de Picasso.
À partir des années 1940, Calder s’impose comme une figure majeure de la sculpture moderne. Ainsi en 1952, il représente les États-Unis à la Biennale de Venise et y obtient le Grand Prix de sculpture. Mais sa reconnaissance devient pleinement internationale avec des projets d’envergure tels que l’ensemble monumental Spirale pour l’UNESCO. Ses œuvres restent aujourd’hui encore parmi les plus immédiatement reconnaissables de l’art du XXe siècle.
Artiste complet, Alexander Calder a aussi créé des « sculptures portables » c’est-à-dire des parures et des bijoux en argent, en or ou en laiton, fil d’argent ou d’acier.
Sculpteur du vent
En 1946, la critique d’art Gabrielle Buffet a saisi toute la poésie et l’originalité de l’oeuvre de Calder en le qualifiant de « sculpteur du vent » et de « forgeron lunaire ».
Pour le philosophe Jean-Paul Sartre, ses mobiles « se nourrissent de l’air, ils respirent, ils empruntent leur vie à la vie vague de l’atmosphère ». Avec le mobile suspendu, forme emblématique de son oeuvre, Calder a véritablement bouleversé les attendus de la sculpture.
Où voir les œuvres de Calder ?
- La Fondation Louis Vuitton, à Paris, qui présente en 2026 l’exposition “Calder. Rêver en équilibre” du 15 avril au 16 août, avec plus de 300 œuvres couvrant toute sa carrière.
- Le Centre Pompidou / Musée national d’art moderne, à Paris, où sont conservées plusieurs œuvres majeures de l’artiste.
- La National Gallery of Art, à Washington, dont l’East Building possède la plus vaste collection permanente de Calder au monde.
- Le MoMA, à New York, qui conserve un ensemble très important de ses œuvres.
Pour aller plus loin – Ouvrages conseillés
En Français :
- Calder (catalogue officiel d’exposition), publié par Hazan pour la Fondation Louis Vuitton en 2026, 359 pages
- Calder : les années parisiennes, 1926-1933, Éditions du Centre Pompidou, 2009, 420 pages.
En Anglais : Calder: Modern from the Start (catalogue d’exposition, MoMA, 2021).
En résumé, Alexander Calder est célèbre pour :
- L’invention des sculptures en mouvement avec les mobiles
- L’invention de la sculpture abstraite aux couleurs primaires
- Les constructions monumentales nommées "stabiles"
- Son univers joyeux et simple entre cirque, performance et mécanique poétique
- Dans tous les formats, des légers aux monumentaux, jeu, rigueur, équilibre et inventivité se mêlent
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