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Marc Bourlier, artiste de la matière érodée

Marc Bourlier est né à Saigon en 1947. Sa jeunesse se déroule en Afrique, en Amérique du Sud puis en Inde, à Pondichéry.

En 1975, il décide de devenir artiste même s’il a longtemps exercé une activité professionnelle en parallèle.  Depuis dix ans son activité est 100% artistique. Il travaille à partir de bois flottés choisis sur une plage de galets en Normandie. Ces morceaux de bois sont poncés, sculptés par l’eau et la pierre. Ils viennent de nulle part et de partout. 

Son parcours artistique a été déterminé par deux chocs émotionnels et deux rencontres décisives

Une boîte de pastels le mène à sa 1ère expo

Au début des années 70, alors qu’il exerce en tant que caméraman en Tunisie, il trouve dans la maison qu’il loue une boîte de 70 pastels. Ces pastels provoquent chez lui un immense choc émotionnel. En pur autodidacte de l’art, Il se met à dessiner et réalise peu de temps après sa première exposition à l’Institut Goethe de Tunis.

La galeriste Iris Clert pour pygmalion

Sans formation artistique ni culture artistique, Marc Bourlier cherche sa voie dans la peinture et le dessin. Il lui fallait sans doute une rencontre décisive, elle a lieu en la personne d’Iris Clert, la grande galeriste gréco-française. Elle le critique, elle le soutient, elle le pousse.

visage en bois flottés; photo
portrait d'un solitaire, détail

De l’Ecole de Paris au bord de mer normand

Alors qu’il est un artiste reconnu de l’Ecole de Paris, il est contacté en 1995 par le Directeur de l’hôpital de Poissy. Ce dernier lui commande 400 galets peints.

Il va alors chercher les galets sur une plage de Normandie et y découvre des morceaux de bois flottés. C’est alors un second choc émotionnel qui le submerge.

Il travaille alors pour créer un nouvel univers artistique à partir de ces morceaux de bois venus d’ailleurs. Il montre ses créations à la galeriste Béatrice Soulié et c’est le début d’une seconde collaboration décisive qui dure depuis plus de vingt ans.     

Gravité et sidération aux résonnances universelles

Dans le passé, Marc Bourlier a travaillé à partir de pictogrammes urbains, de tâches ou de galets. Ces formes qui s’imposent à lui l’ont toujours inspiré. Cette même magie opère concernant les bois flottés. « C’est le support qui m’envoie un message et mon travail est de rendre ce message réel ».

Des multitudes comme Sanfourche et parfois des solitaires

Les compositions de bois flottés de Marc Bourlier sont d’une grande diversité : sans cadre ou encadrées, solitaires ou groupes.

Parfois, l’artiste peint ses cadres ainsi que le fond des caisses avec une multitude de petits visages qui peuvent faire penser à Jean-Joseph Sanfourche, mais en plus graves. En effet, il y a de la gravité et parfois même de la sidération dans les visages créés par Marc Bourlier.

Parfois, lorsqu’il trouve une pièce qui l’inspire en tant que telle, il peut créer un « solitaire ». Il peut également incorporer dans ses créations des pièces de métal : Une platine métallique, un morceau d’un ancien verrou…  

Se laisser porter par la forme et la matière

L’artiste prend soin de laisser aux personnes qui découvrent ses créations, la plus grande liberté d’interprétation. « Une œuvre, selon moi, est faite pour vivre par elle-même. »

Ainsi, il évite d’expliquer ses œuvres pour ne pas les enfermer. Il aime écouter les commentaires des personnes sur ses créations. Bien souvent, ces commentaires sont influencés par leurs parcours de vie. Des juifs lui ont dit voir des images de l’holocauste dans ses bois flottés, des Vietnamiens des images des boat-peoples, des Chrétiens des images religieuses… L’artiste qui a vécu sur les quatre continents, se nourrit du monde et parle au monde.  

Pendant le confinement, l’artiste a créé une série de dessins présentant un multitude de visages ou une multitude de personnages. Chaque planche est intitulée du numéro du jour du confinement. 

Une nouvelle preuve que si la vie artistique et culturelle a été stoppée, les artistes eux n’ont jamais cessé de créer. Marc Bourlier a su se réinventer, comme il l’a fait à de nombreuses reprises au fil de sa carrière artistique. 

Voir aussi notre article sur Marc Bourlier, victime de plagiat