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Paul Rebeyrolle, un peintre libre à l’oeuvre monumentale

Peintre français né à Eymoutiers en 1926, Paul Rebeyrolle a construit une œuvre immense, à la fois charnelle, violente et profondément libre. Des corps entravés aux paysages de matière, des animaux aux dénonciations du pouvoir et de l’argent, son art demeure l’un des plus puissants du XXe siècle français.

Peindre et conquérir la Liberté

A cinq ans, il est atteint d’une tuberculose osseuse qui le contraint à de longues années d’immobilité dans un corset de plâtre. Ses parents instituteurs prennent alors en charge son éducation scolaire. C’est à cette période qu’il dessine et peint tout ce qu’il ne peut découvrir réellement. A dix ans, le voilà libre. Il court des heures dans la belle nature autour d’Eymoutiers. Sportif, il sera champion de France poussin de javelot. Les rivières, les arbres, les animaux de la forêt l’enchantent. Rebeyrolle a tellement à rattraper !

En réalité, toute sa vie Rebeyrolle n’aura de cesse de rattraper, à commencer par les corps.

Après le lycée il a travaillé avec les émailleurs de Limoges, l’un d’entre eux lui fait découvrir grâce aux rares livres des artistes tels que Chaïm Soutine, Picasso.

Depuis toujours, il sait qu’il veut être peintre et en 44 il prend le train de la Libération pour Paris où il s’installe à la cité d’artistes La Ruche. La capitale lui permet de visiter Le Louvre dès sa réouverture, gratuit les dimanches, et de visiter toutes les expositions possibles.

Tous les détails de son parcours sur le site de l’Espace Rebeyrolle en cliquant sur le bouton : 

Les corps chez Paul Rebeyrolle

Parfois, Rebeyrolle peint des corps prisonniers ou entravés comme il avait pu l’être lui-même enfant. C’est la série “Coexistences” ou bien la série “Les évasions manquées” ou encore “Suicide” qui montrent des corps humains entravés, attachés ou prisonniers. 

Mais chez Reyberolle, les corps sont aussi volupté comme aimait à le partager l’écrivain et journaliste Francis Marmande relatant une discussion qu’il avait eue avec l’artiste :

“À quoi tu crois ? A rien ? Je crois à l’amour des gens et des choses, à l’amour tout court”

Cette volupté des corps se retrouve dans de nombreuses œuvres sensuelles de Rebeyrolle comme par exemple dans ses séries “Bacchus” ou “A propos de courbet”.

Ne disait-il pas également :

“Ce sont des moments de joie, de joie intense et ça tu le trouves dans les rapports avec une femme (…).”

Paul Rebeyrolle, peintre naturaliste

 A dix ans, Paul Rebeyrolle est enfin libéré de sa coquille de plâtre. Cette libération qui lui permet enfin de découvrir une nature belle et sauvage a accompagné toute son œuvre. Ce sont par exemple sa série “Grands paysages” qui magnifie l’eau d’un torrent avec ses galets. On y voit l’eau y ruisseler de la toile !

Ce qui frappe dans les œuvres de Rebeyrolle qui décrivent la nature c’est la présence réelle de la matière.

“Quant aux paysages, j’aime bien les terminer avec un peu de vraie terre ou un morceau de bois. Voilà où mène le naturalisme. Je suis un peintre qui peint ce qu’il voit.”

Mais la nature pour Paul Rebeyrolle, ce sont également les animaux qu’il met en scène avec un naturalisme brut et violent. Les serpents et les coqs se battent pour la vie, un chien pisse, une grenouille vit ou un squelette de sanglier sert de base à une fontaine d’eau.

Rebeyrolle, un peintre révolté qui a la rage

image qui représente Coq blanc et serpent, 2003, peinture sur toile 130 x 195 cm, collection particulière
Coq blanc et serpent, 2003, peinture sur toile 130 x 195 cm, collection particulière

Rebeyrolle est un homme en colère contre la société humaine.

“Je pense que nous vivons une époque particulièrement tragique.”[…] Nous vivons dans une société autophage où nous passons notre temps à nous bouffer les uns les autres, au nom du pouvoir et de l’argent.”

Il dénonce le pouvoir et l’argent comme dans la série “Les panthéons” ou bien encore la série “Le monétarisme”.

Il porte un regard sombre sur la société dont il dit :

“La société capitaliste telle qu’elle est n’aura très rapidement plus besoin des artistes”.

Rebeyrolle s’intéresse particulièrement aux sacrifiés de cette société, ceux qui survivent durement. Ainsi, dans sa série “Le sac de Madame Tellikdjian” il met en scène un sac qui a peut-être eu ses heures fastes mais qui est désormais volé ou jeté dans le caniveau. On devine que Madame Telilkdjian n’a plus grand chose. Peut-être même n’a t-elle plus que ce pauvre sac.  

Pourquoi redécouvrir Paul Rebeyrolle aujourd’hui ?

Paul Rebeyrolle était une force de la nature qui, même à la fin de sa vie alors qu’il avait du mal à se déplacer, a réalisé des œuvres de dimensions et d’un talent immenses. Aller à l’Espace Rebeyrolle, c’est en effet se confronter à de très grands formats dans un lieu qui a été magnifiquement pensé pour cette démesure.

Rebeyrolle s’est inscrit dans la filiation de peintres comme Gericault, Courbet, Goya ou Rouault. Pas moins. Alors comment expliquer ce désintérêt des institutions pour son œuvre ?

Trop violent ? Trop critique ? Trop politique ? Trop naturaliste ? Comment expliquer que la dernière grande rétrospective de son œuvre date de… 1979 ?

Seul l’Espace Rebeyrolle à Eymoutiers présente son œuvre dans un cadre et une scénographie à la mesure de son talent.

Alors qu’on fêtera en novembre 2026 le centenaire de sa naissance, n’est-il pas venu le moment de présenter son œuvre à un large public ?  

En résumé, Paul Rebeyrolle est célèbre pour :

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